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Vendredi 05 décembre 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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ALLO CRÉATION

Innovation et création : témoignage de créateur


Entretien avec Alexia de Bernardy, présidente fondatrice de FILAPI.


FILAPI est un projet innovant centré autour de la famille et animé par une équipe dédiée au bien-être et à la sécurité des enfants.

Qu'est-ce qui vous a décidé à créer votre entreprise ?


Après une formation d’ingénieur, j’ai fait un master entrepreneur à HEC. À l’époque, je n’avais pas forcément envie de créer une société. Mais je suis quelqu’un qui aime l’aventure et j’ai été naturellement attirée par cette voie.
J’ai fait ensuite du conseil en stratégie, puis j’ai travaillé dans une start up internet. Et c’est à partir du moment où la société a commencé à bien se développer pour devenir une grande entreprise que j’ai décidé de partir. J’ai senti que je n’étais plus en adéquation avec mes aspirations.
Je viens d’une famille d’artistes, j’ai deux enfants, je voulais faire quelque chose qui me ressemble, tout en restant dans le business. Mon objectif était de monter un projet dont le contexte permettrait aux enfants de s’épanouir autour d’activités artistiques.

Comment avez-vous trouvé le concept de FILAPI ?


J’ai commencé par prendre une feuille blanche en pensant à un vrai projet d’entreprise, j’avais envie de prendre des risques, d’aller vers un concept complètement novateur, pouvant allier enfants et activités artistiques.
Je suis partie de là, mais c’était un peu léger. Alors j’ai rencontré des parents, des médecins, des instituteurs afin d’obtenir des informations, de les faire parler pour connaître leurs besoins, leurs problèmes et leurs manques.

La première année, j’étais seule. J’ai approfondi le concept, défini la structure financière, j’ai étudié les prix, la réglementation, il a fallu tout découvrir et tout construire car il n’y avait pas de concurrence.

J’ai pu enfin définir mon concept : créer une « deuxième maison » où nous pourrons accueillir les enfants après l’école, le mercredi, les vacances, proposer des anniversaires, du soutien scolaire et des activités artistiques.

Ce projet a dû vous demander un capital important...


En effet, au total j’ai eu besoin de 420 000 €. Il a fallu que je trouve les fonds pour augmenter le capital, plus j’avançais, plus le projet prenait de l’ampleur.
La plus grosse moitié vient de l’équipe fondatrice et des investisseurs, l’autre moitié du crédit coopératif via des prêts cautionnés par la SOFARIS, un prêt d’honneur "92 Entreprendre (FILAPI en est ressorti lauréat janvier 2006), et un prêt garanti par le fonds de garantie des femmes.
C’est un projet innovant donc coûteux, il a fallu notamment mettre aux normes les locaux.

Et comment s'est concrétisé le projet ?


Nous avons donc trouvé les investissements qui se sont déroulés en 2 phases, la première : avoir de quoi financer les travaux, le dépôt de garantie, le lancement, les premiers mois… Et la deuxième : avoir de quoi financer la période de l’été où nous aurons sûrement moins d’enfants et financer les nouveaux recrutements. D’ailleurs, le Crédit coopératif nous a suivis une seconde fois et ce grâce au label de 92 Entreprendre.

Ensuite nous avons trouvé un local, levé les fonds, et avons ouvert en septembre dernier un lieu très agréable.
Il s’est écoulé deux ans, de l’idée à l’ouverture de FILAPI. Je ne me serais jamais lancée sans avoir pris connaissance des réglementations de la petite enfance, des aspects fiscaux, juridiques, des coûts, etc.

A-t-il été difficile de convaincre avec un projet comme celui-ci ?


Quand il s’agit d’un projet innovant, c’est difficile de gagner la confiance des financeurs et du public. J’ai d’abord cherché un « socle dur », et heureusement, j’avais un réseau de professionnels et un réseau personnel qui croyaient vraiment en mon projet et qui m’ont bien entourée.
J’ai essayé également de gagner la confiance de personnes clés susceptibles de devenir des prescripteurs qui seront suivis par d’autres.
Parmi ces prescripteurs, j’ai rencontré un médecin, un directeur d’école, une personne de la mairie de Courbevoie… Et j’ai aussi communiqué massivement vers les collectivités locales. Mais ça devenait de plus en plus difficile car j’étais seule, face à de vrais enjeux, et c’est à ce moment que j’ai su qu’il fallait que je m’associe…

Comment avez-vous trouvé vos associé(e)s ?


Trouver des gens intéressés n’a pas été le plus difficile. Beaucoup de personnes ont déjà pensé à un projet comme celui-ci, mais de là à se lancer… Vous savez, c’est un gros projet ! Il fallait que je trouve des personnes qui perçoivent des ASSEDIC ou un autre moyen de rémunération pour pouvoir vivre.
Moi d’ailleurs, je ne me rémunère toujours pas. C’est un choix de vie qui nécessite des efforts colossaux au quotidien. Et puis j’ai rencontré une femme qui avait vraiment envie de se lancer dans l’aventure.
Maintenant nous sommes deux associées très complémentaires, l’une se charge de la gestion au quotidien, du management des équipes du service client, et l’autre du développement de l’entreprise, de son financement, et des aspects juridiques.

Comment avez-vous concilié votre vie de femme et celle d'entrepreneur ?


Il suffit de savoir ce qui est important dans sa vie et surtout d’aller jusqu’au bout de ses envies. J’ai la chance d’avoir un mari qui m’accompagne et qui s’est adapté à ce choix de vie.
Pour mes enfants, je fais en sorte de rentrer le soir quitte à repartir travailler après.
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