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Jeudi 21 août 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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Les spécificités de la création d'entreprise dans l'artisanat


Le secteur de l'artisanat présente des opportunités importantes pour un créateur d'entreprise.


Mais il présente cependant des particularités à prendre en compte pour un futur chef d'entreprise. Entretien avec Jean-François Dellard, directeur de la Promotion économique à la chambre de métiers et de l'artisanat des Hauts-de-Seine.

Comment obtenir le statut d'artisan pour un créateur d'entreprise ?


Pour créer une entreprise artisanale, il faut, dans un certain nombre de métiers, posséder une qualification qui prouve la maîtrise du savoir-faire et de la technicité du métier exercé.

Il y a deux cas de figure pour un créateur d’entreprise artisanale dans ces métiers :

* Soit le créateur possède un diplôme qui sanctionne un savoir-faire technique : un CAP, un CQP, ou un diplôme d’école professionnelle.

* Soit le créateur ne possède pas ce type de diplôme, dans ce cas deux solutions existent :
         - l’embauche d’un collaborateur qui possède la qualification demandée et qui sera l’exploitant technique,
         - la justification de trois années d’expérience en Union européenne dans le métier concerné.


Exercer sous le statut d’artisan sans posséder l’une de ces trois solutions peut entraîner notamment une amende de 7 500 € en cas de contrôle.

La création d'une entreprise artisanale se fait en plusieurs étapes, pouvez-vous nous les décrire ?


Jean-François Dellard répond à cette question dans le cas d'un professionnel qui maîtrise un savoir-faire et qui souhaite le mettre à son compte, puis dans le cas d'une reconversion.

Je parlerai dans un premier temps du cas d’un professionnel qui maîtrise un savoir-faire et qui se demande comment créer son entreprise.


Pour commencer il faut se poser des questions de bon sens : Quels sont mes points forts ? Quels pourraient être les clients de mon savoir-faire ? Où se situe ma clientèle et quel est son pouvoir d’achat ? Comment l’aborder ? 

Ces informations peuvent se trouver facilement, par des enquêtes sur le terrain, par les indices de consommation, les statistiques de l’INSEE… Mais cela demande une réflexion préalable indispensable, en dépit de son savoir-faire technique.
C’est également à cette étape qu’une discussion avec son conjoint est indispensable, notamment concernant le régime patrimonial.

Deuxième réflexion, compte tenu de ce que peut absorber mon marché (ma clientèle), quelle est la concurrence ? Quels sont les prix pratiqués ? Quelle part de marché je peux prendre ?
Parce que l’objectif, pour une entreprise artisanale, ce n’est pas d’avoir beaucoup de clients, mais surtout d’avoir des clients satisfaits, et d’avoir des clients solvables.

Toutes ces réflexions aboutissent à un certain potentiel de chiffre d’affaires.

Ensuite, il faut évaluer les futures charges de l’entreprise, ce qui permet de déterminer un équilibre, et de savoir si l’entreprise sera bénéficiaire ou déficitaire. Enfin, si d’après ces projections le projet paraît viable, il faudra étudier les flux de trésorerie en fonction principalement des délais de paiement des clients et fournisseurs.

Avec ces éléments il est alors possible de rassembler les moyens financiers, qui peuvent provenir des proches, des organismes de prêt d’honneur (1), du PCE (2) (prêt à la création d’entreprise), des organismes de caution bancaire comme la SIAGI ou la SOCAMA (3), et des banques. Mais ces dernières seront beaucoup mieux disposées si le projet est mûri et réfléchi. 

Ce travail prend du temps, mais il est indispensable. Il faut prévoir et commencer à démarcher ses futurs clients en amont de la création car une fois l’entreprise créée, le temps manque et surviennent le stress et les problèmes de la vie de l’entreprise.
De plus, il existe de nombreux organismes, dont la chambre de métiers et de l’artisanat, qui sont capables d’accompagner le créateur d’entreprise tout au long de cette démarche.

Après toutes ces étapes, interviennent les formalités d’immatriculation de l’entreprise, qui permettent de déclarer et d’enregistrer notamment le nom, l’activité et le statut de l’entreprise. Pour cela le créateur devra se rendre au CFE (4) (centre de formalités des entreprises) de la chambre de métiers et de l’artisanat.

Enfin, au moment de la création, le chef d’entreprise artisanale devra suivre le stage de préparation à l’installation (SPI). Ce stage est obligatoire, avec des exceptions :

* si le gérant possède un diplôme de gestion de niveau 3 (bac + 2, BTS, DUT)
* si le gérant a été inscrit pendant trois ans à la retraite des cadres notamment
* si le gérant a déjà créé une entreprise artisanale
* …

C’est une préparation à la gestion qui dure 30 heures réparties en 4 lundis, ou 4 samedis ou une semaine. Le SPI coûte 205 €.
Les titulaires du RMI peuvent, selon leur profil et leur dossier, se faire aider par le conseil général des Hauts-de-Seine pour la prise en charge d’une partie du coût (5).
Enfin le créateur peut suivre un SPI avant la création de son entreprise, pendant le montage de son projet.


La démarche sera au départ différente dans le cas d’une reconversion.



On observe de plus en plus de créateurs d’entreprise qui se lancent dans des métiers de l’artisanat et opèrent une totale reconversion dans leur parcours professionnel. Tel est le cas par exemple d’un cadre qui quitte son emploi pour créer ou reprendre une boulangerie par exemple.

Ces parcours sont tout à fait envisageables, mais ils se heurtent à la technicité de la personne. Si une personne est en reconversion, c’est souvent parce qu’elle ne possède pas le savoir-faire qui est demandé sur le marché. Or l’entité économique (la gestion de l’entreprise) n’est que le support d’exercice d’une technicité.

Comment acquérir ce savoir-faire, cette technicité ? La maîtrise d’un savoir-faire nécessite à la fois du talent et une solide formation.
Il faudra donc au créateur dépasser le stade du « fantasme » et faire preuve de beaucoup de volonté pour accepter les aspects contraignants d’une formation, du montage de projet et du métier exercé.

Il faut donc commencer par se demander ce que l’on peut faire, ce qui est parfois différent de ce que l’on aimerait faire. Puis se renseigner de façon concrète sur le métier qui nous intéresse, les qualifications nécessaires, les horaires de travail, l’investissement nécessaire…

Après avoir pris connaissance de ces éléments, il sera parfois nécessaire de suivre des formations spécialisées. Pour les jeunes, il existe les CFA (centre de formation des apprentis) et les écoles professionnelles.
Les adultes, quant à eux, pourront s’adresser à l’AFPA (6), mais également à l’association ELICE (7) pour les titulaires du RMI.
Enfin il existe un dispositif permettant de prendre des congés pour suivre une formation, le CIF (congé individuel de formation) (8).

(1) Prêts d’honneur

Ils sont octroyés par l’association Hauts-de-Seine Initiative. Ce sont des prêts à taux 0, sans intérêts ni garantie, d’un montant maximum de 16 000 €, remboursables en 5 ans avec différé de 6 mois. Ils sont destinés à renforcer les fonds propres et ainsi favoriser l’accès au financement bancaire.

Hauts-de-Seine Initiative
123, rue Salvador Allende
92000 Nanterre
Tél. : 01 49 67 00 49
www.hauts-de-seine-initiative.fr

(2) PCE

Le prêt à la création d'entreprise (PCE) a vocation à favoriser l'accès au crédit bancaire pour les créateurs de petites entreprises et les repreneurs de petites entreprises saines. Il vise à :
- répondre à l'insuffisance de fonds propres ou quasi-fonds propres des petits projets en confortant leur plan de financement au démarrage,
- alléger le coût d'instruction des dossiers,
- favoriser l'accompagnement des entreprises nouvelles.

Le PCE est compris entre 2 000 et 7 000 euros. Il doit être obligatoirement accompagné d'un concours bancaire à moyen ou long terme dont le montant est compris entre 2 et 3 fois celui du PCE. La durée du prêt est fixée à 5 ans, avec un différé de remboursement du capital et des intérêts de 6 mois. Le taux est identique à celui de la banque sur son concours et ne peut être inférieur au taux d'emprunt d'État "CNO-TEC 5" majoré de 1,70 %.

Pour plus d’informations vous pouvez vous adresser soit directement à l’une des agences des principaux réseaux bancaires, soit à un réseau d'aide et d'accompagnement de la création d'entreprise (chambres de commerce et d’industrie, chambres de métiers et de l'artisanat, boutiques de gestion, France Active, France Initiative Réseau, réseau Entreprendre, ADIE…).

(source APCE – www.apce.com)

(3) SIAGI et SOCAMA

La SIAGI est un organisme de caution bancaire qui garantit de 15 % à 70 % des emprunts bancaires. Les bénéficiaires sont les entreprises immatriculées ou immatriculables au répertoire des métiers et/ou au registre du commerce. La SIAGI intervient sur les créations d’entreprise, les reprises et les développements.

SIAGI
2, rue Jean-Baptiste Pigalle
75009 Paris
Tél. : 01 48 74 02 02
www.siagi.com

SOCAMA Rive Sud
Siège social : Banque Populaire Rives de Paris, 76-78, avenue de France, BP 549, 75024 Paris


(4) CFE

Le centre de formalités des entreprises permet aux créateurs et repreneurs d’entreprise d’accomplir en un lieu unique à l’aide d’un seul document les formalités obligatoires liées au démarrage de l’activité et, par la suite, à la vie de leur entreprise (modification du dirigeant, de l’activité ou du capital, transfert de siège ou d’établissement, cessation d’activité…). Le CFE vous accueille et vous conseille à l’occasion de vos démarches.

17 bis, rue des Venêts
92000 Nanterre
Tél. : 01 47 29 43 43
http://www.cm-nanterre.fr

(5) Prise en charge du SPI

Le conseil général peut prendre en charge une partie du coût du SPI, selon le profil et le dossier du titulaire du RMI. Le dossier doit être préparé avec une assistante sociale et validé par l’ANPE.

Conseil général des Hauts-de-Seine
Service Insertion
Mme Planes
2-16, boulevard Soufflot
92000 Nanterre
Tél. : 01 47 29 30 31
www.hauts-de-seine.net


(6) AFPA

L’AFPA a pour mission de favoriser l’insertion des demandeurs d’emploi et de permettre aux personnes engagées dans la vie active d’acquérir une qualification professionnelle.

Direction régionale Île-de-France
6-8, rue Georges et Maï Politzer
75578 Paris Cedex 12
Tél. : 01 53 46 14 14
www.afpa.fr

(7) ELICE « École pour l’insertion et la création d’entreprise »

L’association ELICE est une école pour les créateurs d’entreprise, titulaires du RMI et de l’API. Les objectifs de l’association sont :
- de permettre au bénéficiaire de retrouver une activité professionnelle,
- de permettre au bénéficiaire d’être totalement autonome tant dans sa vie sociale que dans sa vie professionnelle,
- de garantir une création d’entreprise réussie et durable par un réel apprentissage de la fonction de chef d’entreprise.

L’École pour l’insertion et la création d’entreprise est une formation reposant sur des études de cas et exercices pratiques avec des enseignements interactifs et participatifs. Le projet de création d’entreprise est utilisé comme fil conducteur et comme outil de formation. Les bénéficiaires reçoivent un accompagnement personnalisé tout au long du dispositif. Un centre de ressources met à disposition des outils, des connaissances et permet d’effectuer des recherches guidées.

Elice propose un parcours composé de 3 unités de formation.
- Unité de formation 1 : Développement de l’autonomie personnelle et sociale (350 h).
- Unité de formation 2 : Formation à l’autonomie professionnelle (selon la formation).
- Unité de formation 3 : Formation à l’autonomie entrepreneuriale (350 h).

ELICE
9 bis, rue du Commandant Pilot
92200 Neuilly-sur-Seine
Tél. : 01 46 37 02 07
http://elice.org/

(8) CIF

Vous êtes salarié sous contrat à durée déterminée ou indéterminée, à tout moment de votre vie professionnelle, vous pouvez :
- vous reconvertir pour changer d’activité,
- acquérir une nouvelle qualification,
- perfectionner et élargir vos compétences,
- valider vos acquis professionnels,
- favoriser la prévention et l’adaptation à un nouveau poste de travail.

Le congé individuel de formation vous offre cette opportunité. Et pour vous accompagner dans votre démarche, vous pouvez avoir un soutien personnalisé :
- pour la construction de votre projet,
- pour vous informer sur la réglementation,
- pour assurer le financement total ou partiel de votre projet.


À qui s’adresser : FONGECIF Île-de-France

Coordonnées :
Adresse accueil : place Johann Strauss - Paris 10e
Adresse postale : 2 ter, boulevard Saint-Martin
75498 Paris Cedex 10
Téléphone : 01 44 10 58 58
Télécopie : 01 44 10 58 00
Courriel : fongecif@fongecif-idf.fr
Site web : www.fongecif-idf.fr

Publié le 12 octobre 2006








































































































































Publié le 12 octobre 2006




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