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Vendredi 05 décembre 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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L'artisanat : un secteur porteur pour les créateurs d'entreprise


Entretien avec Jean-François Dellard, directeur de la Promotion économique à la chambre de métiers et de l'artisanat des Hauts-de-Seine.

Existe-t-il dans le secteur de l'artisanat des métiers pour lesquels la demande n'est pas suffisamment satisfaite ?


Effectivement il existe des métiers dans l’artisanat où la demande de professionnels n’est pas satisfaite.

En premier lieu, nous avons les métiers de la viande, qui présentent de nombreux cas d’entreprises à reprendre potentiellement très intéressantes. Mais ils demandent du professionnalisme, parce que l’on ne peut pas s’improviser dans les métiers de traiteur, de boucher ou charcutier.
Cela demande un savoir-faire, des qualités d’acheteur (par exemple, il faut savoir maîtriser les origines de viande), des qualités au travail. Et puis, cela demande des qualités de gestion, savoir comment faire fructifier sa boutique aux yeux du client par un accueil de qualité par exemple.
Mais à la question y a-t-il des places, la réponse est oui !

D’autres secteurs sont très demandeurs également. Dans les Hauts-de-Seine nous avons le bâtiment. Notre département va connaître un très gros effort de construction dans les années à venir et donc il y aura pour les professionnels du bâtiment, gros œuvre et second œuvre, beaucoup de travail.
Là aussi, on ne peut pas improviser dans ces métiers, ils méritent d’être préparés. Cependant une personne qui a de bonnes qualités de manager peut s’investir dans ce secteur, à condition d’avoir des collaborateurs susceptibles d’assurer le technique (d’ailleurs, c’est exigé au niveau de l’inscription au répertoire des métiers).

Tous les autres secteurs de l’artisanat sont potentiellement ouverts, à condition de bien connaître son marché, de détenir un avantage concurrentiel par rapport à ses concurrents, et posséder une aptitude à développer sa clientèle par des qualités de gestionnaire.

Mais alors pourquoi ces métiers manquent-ils de main-d'œuvre alors que la demande existe réellement ?


Principalement parce qu’ils souffrent d’une image négative, surtout en comparaison des métiers de l’audiovisuel ou de la communication par exemple. Pourtant ils offrent autant, voire plus, de débouchés.
Par exemple il n’est pas valorisant pour un jeune d’étudier dans un CFA (centre de formation des apprentis) pour apprendre le métier de chauffagiste. Mais je prétends que celui qui détient un bon savoir-faire de chauffagiste aura plus de capacité à réaliser une réussite personnelle et professionnelle.

De plus, avec de la volonté et de l’investissement personnel, une petite entreprise artisanale peut devenir une société importante, je l’ai constaté à plusieurs reprises. Et enfin, même s’il est vrai que ces métiers demandent des efforts importants pour un chef d’entreprise, la contrepartie est une plus grande liberté et la possibilité de pouvoir être indépendant. Evidemment, il a aussi des contraintes importantes : mauvais payeurs, efforts de positionnement du produit par rapport au marché, etc.

On parle aussi beaucoup des métiers d'art, véritables patrimoines culturels français, et pourtant menacés de disparaître. Pensez-vous qu'il s'agit également d'un secteur porteur ?


Les métiers d’art, c’est un savoir-faire qui est mis à l’épreuve pendant de très longues années, et qui réclame un véritable tour de main pour pouvoir être dignement exercé. Donc on ne peut pas véritablement parler de secteur porteur au sens de métiers offrant un grand nombre d’emplois ou de possibilités de création d’entreprise.

Par exemple, nombre de métiers attachés à la restauration (d’œuvre d’art...) sont très dépendants des commandes des musées et des fonds publics. Récemment, le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a annoncé qu’il allait débloquer des sommes importantes pour relancer la restauration en matière de bâtiments, particulièrement les bâtiments religieux (églises, cathédrales…).
C’est une très bonne nouvelle pour les métiers d’art. Reste que ces métiers ne sont pas faciles d’accès. Il existe les charpentiers, les tailleurs de pierre, etc., mais avant de s’installer comme tailleur de pierre pour restaurer tel ou tel monument public, il faut avoir fait preuve d’un grand savoir-faire dans la taille de la pierre. Donc ces métiers sont d’accès moins aisé de par leur exigence de qualité.

Publié le 12 octobre 2006.
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