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Jeudi 21 août 2008

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Créateur d'entreprise : comment convaincre son banquier ?


Quels atouts un créateur d'entreprise doit mettre en avant pour obtenir un financement bancaire ? Entretien avec Jean-Dominique Bernardini, attaché commercial à la SIAGI.


"Notre objectif est d'apprécier le projet professionnel de création ou de reprise dans sa globalité. Le premier élément clé est l'adéquation homme/projet. L'objectif étant de valider le profil de notre créateur par rapport au projet envisagé. C'est pourquoi, nous nous attardons sur l'analyse de son parcours professionnel."

Quelles sont les activités de la SIAGI ?


La SIAGI est une société de caution mutuelle créée par les chambres des métiers et de l’artisanat et chargée de gérer un fonds de garantie. Elle s’adresse aux très petites entreprises artisanales, commerciales, libérales, ainsi qu’aux associations.
Son objectif est de faciliter l’accès de ces entreprises au crédit bancaire, en se portant garant d’un prêt auprès de la banque à hauteur de 50 % maximum. Cela permet aux banques de ne pas supporter seules le risque du crédit.

La SIAGI intervient pour les projets de création, de reprise et de développement. Mais de fait, elle intervient surtout pour les projets de reprise présentés par les banques partenaires. Nous apportons sur ces projets une expertise et une analyse du risque dont la qualité est reconnue par les banques.
Si nous donnons notre accord sur un dossier, le prêt bancaire est donc plus facilement accepté. Certains dossiers sont également présentés par la chambre des métiers où nous intervenons sur rendez-vous.

Quelles sont les garanties demandées par les banques ?


Le choix d’une garantie sur un projet est fonction du dossier de financement et de la nature juridique de l’emprunteur (ex. : entreprise individuelle ou SARL).
Prenons pour exemple le cas d’une reprise d’un fonds de commerce existant par un entrepreneur ayant fait le choix d’une EURL (SARL à associé unique). Dans la grande majorité des cas, les banques partenaires vont retenir comme garanties :
- d’une part, la caution solidaire du gérant : garantie personnelle qui fait intervenir une tierce personne, en l’occurrence la caution, qui s’engage à remplir l’obligation du débiteur, ici l’EURL, si celui-ci est défaillant ;
- d’autre part, le nantissement du fonds de commerce acquis : le nantissement permet, si le débiteur ne s'acquitte pas de sa dette, de faire vendre le bien aux enchères publiques et d'être payé en priorité sur le produit de la vente.


Toutefois, le choix de telle ou telle garantie est propre à la politique interne de chaque banque. Elle est fonction également de l’analyse risque du projet. Aussi, faire intervenir la SIAGI peut réduire le recours à d’autres garanties.

Pouvez-vous présenter l'outil de garantie géré par la SIAGI ?


Notre principal outil est la « Garantie pro » qui permet à la banque de partager son risque pour 50 % maximum d’un prêt bancaire et faciliter ainsi le financement du projet. Cette garantie a comme autre avantage la limitation du recours à d’autres garanties, comme le recours à la caution solidaire d’un proche ou l’engagement de son patrimoine immobilier privé.
Afin de limiter l’engagement personnel de l’entrepreneur, la SIAGI propose également à ses banques partenaires la garantie « CARE 2001» (Caution allégée du responsable entreprise). Cette garantie se substitue à la caution personnelle que le dirigeant (ou un tiers) accorde à sa banque.

Comment évaluez-vous les projets ?


Notre objectif est d’apprécier le projet professionnel de création ou de reprise dans sa globalité. Le premier élément clé est l’adéquation homme/projet. L’objectif étant de valider le profil de notre créateur par rapport au projet envisagé. C’est pourquoi, nous nous attardons sur l’analyse de son parcours professionnel.
Le deuxième facteur clé est l’environnement économique, à savoir l’emplacement, la clientèle, les fournisseurs.
Enfin le troisième élément clé est l’analyse financière : savoir à partir des éléments chiffrés, et notamment à partir du prévisionnel demandé au porteur du projet, quel est le niveau d’activité minimum nécessaire afin que l’entreprise et son dirigeant puissent faire face à leurs engagements financiers.

Quel est le coût de cette garantie ?


Le coût de la garantie se chiffre en pourcentage du crédit sollicité et varie en fonction du risque de l’activité. Dans les Hauts-de-Seine, le conseil général prend en charge une partie de ces frais.

Est-ce qu'un apport personnel minimum est nécessaire ?


Il est évident que, quelle que soit la nature du projet envisagé (création ou reprise) et d’autant plus si le porteur du projet est un prospect pour la banque sollicitée, un autofinancement est un plus pour la validation du dossier.
Aujourd’hui, à la SIAGI, l’étude d’un dossier est faite au cas par cas.
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