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Vendredi 22 août 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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Les femmes et la création d'entreprise : point de vue de l'ADIEF


Entretien avec Ita Malot, présidente de l'Association pour le développement des initiatives économiques par les femmes (ADIEF)


Cette association a pour objectif premier de sensibiliser l'ensemble des partenaires économiques et sociaux à l'enjeu de la création d'entreprise par les femmes, et de favoriser leur autonomie personnelle.

Pourriez-vous nous présenter votre association ?


Ita Malot :
L'ADIEF est née dans la mouvance de la première Conférence internationale sur les créatrices d'entreprise en mai 1985. Elle est affiliée à la fondation internationale Women's World Banking (WWB) et étroitement associée aux travaux de l'Union européenne.
Dès le début, l'ADIEF s'est structurée autour de l'échange transnational. Cette association a pour vocation de promouvoir et soutenir la création d'entreprise par les femmes.
Avec un réseau de personnes ressources, elle constitue le point d'articulation central d'une multiplicité d'autres réseaux nationaux et internationaux d'appui à la création d'entreprise.
L’association organise des soirées, des forums d’information, des colloques…

Quelle a été votre motivation ?


Ita Malot :
À l’époque, j’ai dû partir dans le sud de la France. Mais là-bas, je ne trouvais pas de travail qui m’intéressait. Je me souviens des propos autour de moi lorsque j’ai décidé de créer une petite entreprise : « Ça ne marchera pas, tu ne pourras pas obtenir de prêt bancaire ! »
De ce fait, je n’ai pas fait de demande de crédit, mais bien heureusement, j’avais un minimum d’argent quand j’ai démarré. Cette expérience et les propos négatifs m’ont fait prendre conscience que toutes les femmes n’ont pas l’avantage que j’ai eu lorsque j’ai décidé de créer mon activité : celui de ne pas être dépendante des banques et d’être facilement disponible au sein de son entreprise.

Pensez-vous que l'existence d'organismes spécifiques aux femmes soit encore nécessaire de nos jours ?


Ita Malot :
Il suffit de regarder les statistiques ! Aujourd’hui, elles composent à peine 30 % de la population des créateurs d’entreprise alors qu’elles sont aussi nombreuses que les hommes à vouloir le faire ! La BDPME a fait récemment une analyse, et les chiffres n’ont pas bougé, il n’y a pas beaucoup plus de créatrices qu’il y a dix ans.

Comment expliqueriez-vous ces résultats ?


Ita Malot :
C’est-à-dire qu’il faut tout faire lorsque vous débutez votre activité, que ce soit le secrétariat, l’accueil, etc. Et la charge est plus lourde lorsque vous avez des enfants, il suffit que la créatrice soit une femme isolée pour qu’elle soit encore moins disponible.
D’ailleurs lorsque j’avais mon entreprise, il m’arrivait de travailler 45 h en trois jours, j’avais cette chance de pouvoir le faire, mais tout le monde ne peut pas se le permettre.
Les femmes redoutent de mettre en péril financièrement leur famille, elles craignent également de ne pas être suffisamment présentes au sein de la sphère familiale.
Vous savez la famille, c’est le talon d’Achille des femmes ! Mais il faut aussi préciser que tout le monde ne peut pas être créatrice d’entreprise, il faut être pugnace, ne pas se décourager facilement.

Quelles seraient les actions à mettre en œuvre pour faire évoluer cette situation ?


Ita Malot :
Autrefois, les femmes n’arrivaient pas à obtenir de crédit même si elles travaillaient. Il fallait qu’elles soient accompagnées de leur mari ou prendre des cautions sur leurs biens. Donc nous avons créé, en 1989, le fonds de garantie initiative pour les femmes, le premier créé en Europe.
Mais à l’heure actuelle, nous nous battons encore constamment avec les banquiers afin de faciliter le prêt aux femmes.
Il n’y a pas de dispositif pour la garde d’enfants des entrepreneuses, nous espérons également qu’il pourra se mettre en place une allocation de garde d’enfants afin de les rendre plus disponibles.
Puis, il existe tout un réseau d’organismes de soutien aux femmes qui souhaitent créer leur activité. Nous faisons également des colloques sur les Françaises et l’Europe, ça n’est pas en rapport direct avec la création d’entreprise, mais tout se tient. La solution est la sensibilisation, cela prend du temps. Mais nous ne nous décourageons pas !
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