Gestion de l'eau - Eaux Assainissement - Eau 92
Mercredi 03 décembre 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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Eau

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GESTION ET ASSAINISSEMENT

Les crues dans les Hauts-de-Seine


L'actualité environnementale en Île-de-France de ces dernières années a été riche en catastrophes naturelles. Sur le plan hydrologique, la région Île-de-France n'est pas à l'abri de crues historiques de la Seine. Chaque année, de décembre à mars, le risque d'inondation inquiète les riverains alto-séquanais du fleuve. Le risque ne peut pas être éliminé, mais il peut être géré. L'échelle de référence pour les bulletins d'annonce des crues pour les Hauts-de-Seine est celle de Paris Austerlitz en amont, l'échelle de référence suivante se trouve en aval à Chatou.

Quels sont les facteurs engendrant les crues ?


Les crues sont la conséquence de plusieurs phénomènes concomitants, et la période la plus risquée va de novembre à avril. Normalement, les ondes de crue sont générées par de fortes pluies sur les massifs situés en amont des cours d'eau. Elles se propagent ensuite jusqu'en Île-de-France selon des temps variables, par exemple 5 à 6 jours pour l'Yonne depuis le Morvan, 7 à 10 jours pour l'Oise. Dans les zones de confluence, la situation peut s'aggraver avec l'arrivée simultanée de ces ondes de crue. La durée des précipitations est un facteur pouvant aggraver la situation. Les nappes phréatiques sont bien gorgées d'eau depuis 3 ans. Le sol est moins perméable en zone urbaine. L'équilibre entre l'étiage et l'hiver est difficile, s'il n'y avait pas de retenue d'eau par les barrages de la Seine, le fleuve aurait un niveau d'eau de 80 cm l'été... Le 1er barrage en aval de Paris sur le département est le barrage de Suresnes. Les barrages restent ouverts en deçà d'un débit de 650 m3 pour laisser en écoulement libre les eaux du fleuve.

Sur le plan climatique, le laboratoire de géographie physique de Lyon mène des recherches qui tendraient à prouver que le temps a tendance à devenir plus irrégulier, plus violent et plus contrasté donc de moins en moins tempéré. Il faudrait donc s'attendre davantage à des périodes de fortes précipitations génératrices de crues.

Les crues historiques de la Seine


1658 :  8,96 m le 27 février
1740 :  8,05 m le 26 décembre
1910 :  8,62 m le 28 janvier
1924 :  7,32 m le 6 janvier
1955 :  7,12 m le 23 janvier

1910, toujours en mémoire


Du 20 au 28 janvier 1910, la Seine monta, bouleversant pendant de longues semaines le quotidien des Alto-Séquanais. Après un mois de décembre très pluvieux, les sols du bassin de la Seine étaient saturés en eaux. Début janvier, après un répit ensoleillé, une nouvelle série de précipitations s'abattit sur les terrains gorgés d'eau. L'Yonne et la Marne, affluents de la Seine, se mirent en crue au même moment et le 18 janvier, la Seine commença à monter.
À Boulogne, le 21 janvier, 3 jours avant que les quais soient recouverts par les eaux du fleuve, l'égout de la rue Béranger fut inondé. À Clichy, l'eau conquit la ville par les bouches du collecteur et envahit les voies du chemin de fer. La ville de Neuilly, vulnérable par un sous-sol sablonneux, connut aussi sa part "d'humidité".
Sur l'autre rive, les quartiers bas de Meudon, Sèvres, Saint-Cloud et du vieux Courbevoie sont submergés par les eaux de la Seine. Suresnes et Puteaux, entre la rue de Verdun et le boulevard Richard Wallace, subirent la collusion des égouts et du fleuve. La commune la plus touchée de la rive fut Issy-les-Moulineaux. Après s'être infiltré par le sol des terrains maraîchers, le fleuve déborde le 26 janvier sur les quais d'Issy. Dans le champ de manoeuvre militaire, sur l'emplacement de l'actuel héliport, on comptait jusqu'à deux mètres cinquante d'eau tandis que sur les quais elle stagnait aux alentours d'un mètre. Le hangar des dirigeables Bayard-Clément avait les pieds dans l'eau ainsi que la blanchisserie de Grenelle.
Les plus touchés furent les habitants de la presqu'île de Gennevilliers. Protégés des crues ordinaires par un ensemble de digues, les quartiers les plus exposés d'Asnières, Villeneuve-la-Garenne et Gennevilliers ne sont pas épargnés. Dès le samedi 22 janvier, l'inondation du quartier Paul Bert met les agents de police de Colombes en alerte. Le lendemain, le débordement s'accentue, l'eau monte partout dans la presqu'île et le maire de Gennevilliers invite tous les propriétaires de bétail à évacuer vaches et chevaux vers les hauteurs d'Épinay et d'Orgemont.
D'Issy-les-Moulineaux à Villeneuve en passant par Rueil et Nanterre, les conséquences de l'inondation sur la vie quotidienne des 17 communes sont terribles. Au sud, les communications deviennent vite impossibles, la navigation a été interrompue sur le fleuve dès le 20 janvier. Seuls les ponts de Sèvres et Neuilly restent ouverts aux voitures, fort heureusement moins nombreuses qu'aujourd'hui.
L'activité des lignes ferroviaires et des usines situées trop près des quais fut stoppée. Les imprimeries Paul Dupont et les usines de pneus Continental à Clichy, le constructeur d'avions Antoinette à Puteaux et nombre d'établissements de Boulogne et Billancourt furent contraints de fermer. À Gennevilliers, l'inondation de l'usine à gaz priva d'éclairage et de chauffage plusieurs communes pendant 2 jours.

La distribution d'eau potable fut très difficile. Pour se ravitailler, les habitants de Boulogne durent faire la queue autour de 17 bornes-fontaines alimentées en eau de l'Oise. L'élimination des ordures ménagères ? Décharges rendues inaccessibles ainsi que les voies de circulation et les lignes de chemin de fer. Le trop-plein d'ordures fut déversé dans la Seine...

Le 28 janvier, la Seine commença enfin sa décrue, l'heure fut au bilan. Les dégâts matériels furent très lourds. Ils furent évalués à 8 milliards de francs de l'époque. Dans les sept villes des futurs Hauts-de-Seine touchées par l'inondation, 9 232 maisons ont été atteintes, 3 305 évacuées et près de 130 se sont écroulées. Il fallut creuser des brèches dans les digues de la presqu'île de Gennevilliers pour permettre à l'eau de se retirer.

La Seine n'a pas connu depuis de crue aussi haute. La crue de 1910 constitue actuellement la crue de référence en matière de prévention des risques en Île-de-France. Une montée des eaux similaire ou supérieure peut se reproduire à tout moment et les dégâts seraient plus importants...

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