Cet outil permet d'aborder le patrimoine vert, qu'il soit public ou privé, sous deux angles différents et complémentaires :
- Le premier s'intéresse à la masse verte ou masse chlorophyllienne évaluée sous forme de surfaces à l'exclusion de toutes les surfaces minérales. Il permet des analyses écologiques en termes quantitatif et qualitatif, mais aussi en termes de répartition notamment par rapport à la population.
Les masses vertes ont été déclinées sous forme d'éléments verts. On distingue ainsi les arbres isolés, en groupes et boisements, mais aussi en alignements de voies, les pelouses ou prairies des massifs arbustifs ou bocagers, les groupements végétaux de zones humides. Certains de ces éléments ont été classés "à fort potentiel écologique", ce qui permet de repérer les sites privilégiés en termes de biodiversité.
Un inventaire des arbres les plus remarquables a été mené parallèlement qui compte environ 4 000 sujets, la plupart centenaires ou plusieurs fois centenaires, mais aussi des arbres d'espèces rares.
- Le second permet de recenser et de différencier les emprises foncières vertes.
Il permet des analyses d'urbanisme en termes de répartition, d'accessibilité et de gestion.
Ces espaces sont classés par types, du parc ou jardin au terrain de sport en passant par les cimetières, les jardins familiaux et les espaces d'établissements sociaux, culturels ou éducatifs. Le vert diffus constitue une catégorie spécifique qui regroupe tous les espaces verts résiduels essentiellement constitués par les jardins privatifs et les espaces verts des groupes immobiliers.
De nombreuses informations sont immédiatement disponibles lors de la sélection d'un élément vert ou d'un espace vert (surface, type, localisation, gestionnaire, etc.).
Par ailleurs, outre des synthèses sur des thèmes variés, le Cadastre vert permet l'émergence d'indicateurs évaluant le poids de la végétation au sein d'un territoire ou les espaces verts à la disposition de la population.
Ainsi ont pu être calculés au niveau de chaque quartier et de chaque commune les taux de végétation et la masse verte par habitant. Ceux-ci peuvent alors être comparés aux indicateurs calculés à l'échelle de l'ensemble du département.
À titre d'illustration, le taux de végétation départemental, qui d'une certaine manière rend compte du niveau d'imperméabilisation des sols, est de 42 % et la masse verte par habitant de 52 m².
Le Cadastre vert constitue à la fois un observatoire et un outil d'évaluation. C'est un document à usage pluridisciplinaire qui permet d'orienter les stratégies des acteurs de l'aménagement. Instrument de diagnostic, il sert d'assise aux projets communaux, intercommunaux et départementaux.
Il peut devenir un élément de référence systématique lors de l'élaboration et de la mise à jour des documents d'urbanisme PLU, POS, zone d'aménagement concerté (ZAC), volet paysager du permis de construire, plans verts, etc.
À partir d'un examen approfondi des zones de carence, il permettra à terme une gestion ciblée et équilibrée des aides financières départementales en direction des communes en vue de la création de nouveaux espaces verts.
Les modalités de l'analyse de la végétation et les indicateurs ont été fixés dans l'esprit d'une attribution de "valeur" des éléments verts et des terrains qui les supportent. Dès lors on peut donc envisager de mettre en place des mesures compensatoires adaptées en cas de changement de destination d'une portion de parcelle, d'une parcelle ou d'une partie de territoire.