Violences Conjugales, Femmes Battues, Maltraitance des Femmes - Hauts-de-Seine
Jeudi 04 décembre 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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Maltraitance, violence

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LES VIOLENCES ENVERS LES FEMMES

La « maison communautaire » : un lieu de transition


À l’occasion de l’ouverture de la "maison communautaire" du sud et de l’extension de celle de Colombes, zoom sur ce dispositif : il offre aux femmes quittant leur foyer un hébergement, le temps de se reconstruire et de se reloger.


Le conseil général finance ces dispositifs, gérés par les associations L’Escale et le centre Flora Tristan. Plusieurs appartements, situés dans le sud et dans l’ouest du département, sont prévus pour loger des femmes qui ont quitté le foyer conjugal, pendant quelques mois de transition.

La « maison communautaire » : un lieu de transition


Le principe des maisons communautaires : accueillir des femmes victimes de violences, qui ne relèvent pas d’un accompagnement d’insertion lourd, pendant une période de transition. Il s’agit d’offrir aux femmes, d’une part, un lieu où elles et leurs enfants sont en sécurité et où ils peuvent se ressourcer, et d’autre part, d’enrayer un processus de précarisation.
Ce lieu de vie communautaire doit leur permettre, après la séparation avec leur conjoint, de vivre la période de transition le plus sereinement possible, de faire le point et de mettre en œuvre toutes les actions nécessaires à l’autonomie.
Il les accueille à cette période entre leur départ du foyer conjugal et le moment où elles retrouvent un logement, qu’il s’agisse d’un logement autonome ou qu’elles récupèrent l’attribution du foyer conjugal.

Des femmes, avec leurs enfants, y sont accueillies pendant une période de trois mois (renouvelable), pendant lesquels elles peuvent commencer à reconstruire des repères.

Ces logements s’adressent aux femmes de toute catégorie sociale, ils ne sont pas spécifiquement réservés à des populations en difficulté d’insertion, qui relèvent davantage du CHRS (centre d’hébergement et de réinsertion sociale).
Au contraire, ils s’adressent à des femmes autonomes, insérées socialement pouvant avoir un emploi.

En effet, quand une femme décide de quitter son conjoint violent, c’est aussi le domicile conjugal qu’elle laisse. Elle se retrouve ainsi dans une situation très difficile : elle doit abandonner sa maison, elle entre dans une incertitude matérielle, ne pouvant plus avoir de garantie sur son avenir.
Selon Jacqueline Godet, directrice du centre Flora Tristan, « quand elles quittent leur domicile, finalement, ces femmes choisissent la vie. Elles étaient maltraitées, humiliées, mises en péril chez elles. Chaque mois, ce sont ainsi six femmes qui meurent en France de violences familiales ou conjugales. Lorsque ces femmes réagissent, elles ne savent pas vers où elles se dirigent ».

Le modèle des maisons communautaires se développe dans les Hauts-de-Seine


Deux maisons existent dans le département et sont financées par le conseil général des Hauts-de-Seine.
La plus récente, la maison communautaire du sud, a ouvert mi-juin 2005. Cette maison est en fait virtuelle : elle regroupe trois appartements, situés à Bagneux, à Malakoff et au Plessis-Robinson. Les appartements de la « maison communautaire du sud » peuvent accueillir, au total, une douzaine de personnes. Cette « maison », financée par le conseil général des Hauts-de-Seine, est gérée par le centre Flora Tristan (voir ci-dessous).

La plus ancienne, à Colombes, gérée par l’association L’Escale, a ouvert en 2003. Elle peut accueillir 15 personnes au sein d’un pavillon, une dizaine de personnes dans deux appartements. Ce sont ainsi 25 personnes qui peuvent être accueillies pour des périodes allant de 3 à 6 mois.

Un accompagnement par des professionnelles


Les femmes accueillies bénéficient d’un suivi privilégié par des travailleuses sociales et une psychologue. Elles sont présentes dans le plus grand des logements de chaque maison, dans lequel elles ont leur bureau.
Les deux travailleuses sociales ont pour mission d’accompagner les femmes vers le logement et dans leur procédure juridique. Elles peuvent aussi aider les femmes pour trouver un mode de garde, et les aider à trouver un emploi ou une formation.

Une psychologue est régulièrement présente pour aider les femmes accueillies, les stimuler dans leur recherche, ou les aider à récupérer le domicile conjugal, quand il leur est attribué. Les femmes sont invitées à participer à un groupe de parole, pour partager leur vécu, et se rendre compte qu’elles ne sont pas les seules à vivre cette situation.

Être victime de violence est en effet psychologiquement destructeur. Les femmes ont tout un travail à faire, afin de prendre du recul face à un discours culpabilisant renvoyé par la société. Elles ont à réapprendre la confiance en soi, et tenir bon face à des procédures lourdes et compliquées.
Les enfants sont également présents à ces groupes de parole. Le fait d’assister à des scènes de violence constitue pour eux une réelle maltraitance. Les conséquences sont des répercussions non seulement sur l’image qu’ils se font de leur mère, fortement dégradée, mais aussi plus globalement, sur leur représentation qu’ils se font des rapports hommes-femmes.

> Lire l'extrait du rapport d'activité 2004 de l'Escale :  "Les enfants, victimes indirectes de la violence conjugale"

Le dispositif "Femmes victimes de violences 92"


L’Escale et le centre Flora Tristan font partie, avec l’ADAVIP 92 (Association d'aide aux victimes d'infractions pénales des Hauts-de-Seine) et l’AFED (Association pour les femmes en difficulté), du réseau "Femmes victimes de violences 92".

Ce réseau est financé par le conseil général des Hauts-de-Seine. Il propose aux femmes un numéro d’appel, des permanences d'accueil et des groupes de parole.
Lire l’article

Le centre Flora Tristan


Le centre Flora Tristan est un lieu d’accueil et d’hébergement spécialisé dans l’accueil de femmes victimes de violences conjugales, avec ou sans enfants. Il a été créé en 1978 par l’association féministe "SOS Femmes Alternative".

Situé à Châtillon depuis 1986, il a proposé 51 places d’hébergement en 2004 :
- un service d’hébergement et d’insertion : comptant 30 places, ce service, financé par la DDASS des Hauts-de-Seine, a le statut de CHRS (centre d’hébergement et de réinsertion sociale) ;
- un service d’urgence : comptant 15 places, ce service, également financé par la DDASS des Hauts-de-Seine, a aussi le statut de CHRS. Depuis 1997, des femmes victimes de violences conjugales, qui vivent avec leur agresseur, peuvent y être accueillies quand elles sont en train de vivre un épisode de crise (par exemple à leur sortie de l’hôpital, ou au cœur d’un conflit).
À ce moment, les femmes, en grande détresse, ont besoin d’une protection et de prendre un peu de recul par rapport à ce qu’elles vivent ;
- un service d’appartements relais : comptant 6 places, il est financé par l’allocation logement temporaire (État).

Le centre Flora Tristan fait partie du dispositif "Femmes victimes de violences 92".

L’Escale


Cette association accueille et héberge depuis 1992 des femmes victimes, pour leur grande majorité, de violences conjugales. Elle propose aux personnes concernées un service d’écoute et d’accueil : écoute téléphonique, soutien psychologique, accompagnement juridique et social, lutte contre la précarité, aide à la recherche d’hébergement en cas d’urgence.

Depuis 1999, le service d’hébergement de L’Escale a le statut de CHRS (centre d’hébergement et de réinsertion sociale). Il est financé par la DDASS.
Il compte 3 appartements, avec une capacité d’hébergement de 15 places.
La maison communautaire, ouverte en 2003, compte 25 places.
L’Escale fait partie du dispositif "Femmes victimes de violences 92".

[ En savoir plus ]


Le numéro Femmes victimes de violences 92
Tél. : 01 47 91 48 44
L'Escale
Tél. : 01 47 33 09 53
Centre Flora Tristan
Tél. : 01 47 36 96 48

Lire notre article : La violence conjugale
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