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LES VIOLENCES ENVERS LES FEMMES
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(CP : Jean-Luc Dolmaire/CG 92)
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Entretien avec la sociologue Maryse Jaspard
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Les résultats de son enquête sur les violences conjugales
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Première étude statistique consacrée à un sujet jusque-là tabou, cette étude a permis de révéler l’ampleur des violences conjugales que subissent 10 % des femmes vivant en couple. Interview.
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Sociologue, maître de conférences à l’université Paris I (Panthéon-Sorbonne) et responsable de recherches à l’Institut national d’études démographiques, Maryse Jaspard assura en 2000 la direction scientifique de l’enquête nationale sur les violences faites aux femmes.
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Maryse Jaspard : Tout d’abord, il faut retenir que les femmes ont osé parler, dans le cadre particulier de cette enquête qui s’est effectuée par téléphone. La levée du silence a pu se faire, y compris sur des sujets très délicats comme les viols conjugaux. Le deuxième enseignement, c’est que le huis clos familial s’avère être le cadre des violences les plus graves ; le danger est moindre dans les espaces publics, pourtant très sexistes.
Enfin, le troisième enseignement concerne l’importance des violences psychologiques : 7,7 % des femmes vivant en couple subissent un véritable harcèlement moral de leur conjoint, concubin ou compagnon.
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Oui. Il faut savoir que les coups, que subissent 2,5 % des femmes vivant en couple, sont en général accompagnés de pressions psychologiques diverses : contrôle, réprimandes, humiliations, jalousie maladive, dénigrement, cris, menaces… Il ne faut pas sous-estimer ces violences psychologiques, qui peuvent être aussi destructrices que les brutalités physiques, surtout quand elles sont incessantes.
D'autre part, l’enquête ENVEFF a révélé que près de 1% des femmes vivant en couple avaient subi au moins une agression sexuelle dans l’année qui précédait, viol ou pratique sexuelle imposée. Cette forme de violence ne s’accompagne pas forcément d’autres agressions physiques.
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Cette étude a d’abord confirmé ce que les acteurs de terrain savaient de manière pragmatique : la violence conjugale n’épargne aucune catégorie sociale ou professionnelle, et le fait d’avoir un haut niveau d’études ne protège pas contre cette violence. Ainsi, aux deux bouts de l’échelle sociale, 2 % des ouvrières et 2,6 % des femmes cadres sont dans une situation de violence conjugale qualifiée de "très grave".
Ceci posé, il est vrai qu’il existe des facteurs de risque en matière de violences conjugales. Une grande différence d’âge entre les deux conjoints, par exemple. Et surtout l’exclusion : le chômage de longue durée, l’instabilité professionnelle de l’un des conjoints exposent davantage la femme à la violence de l’homme avec qui elle partage sa vie, tout comme d’ailleurs le fait qu’elle ait arrêté de travailler, ou qu’elle travaille à temps partiel.
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Il y a deux manières d’expliquer les violences conjugales. L’approche psychologique, selon laquelle ces violences sont le fait de comportements déviants, ne me paraît pas pleinement satisfaisante. Il faut la compléter par une approche sociopolitique : ce problème est issu de la persistance de rapports inégalitaires entre hommes et femmes, persistance que connaissent tous les pays européens sans exception.
Cette analyse est très importante pour mettre en place des politiques de prévention efficaces : pour éradiquer les violences conjugales, il faut changer les représentations mentales que l’on se fait de l’autre sexe, il faut travailler sur le respect mutuel entre filles et garçons.
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